La Rose Anglaise
Portrait : Adeline, éleveuse de Cocker Anglais dans la Meuse
À Loupmont, dans la Meuse, Adeline Janin élève des Cockers Anglais sous l'affixe La Rose Anglaise depuis 2011. Entre vie de famille, passion du chien et quotidien rythmé par l'élevage, elle a construit au fil des années une structure tournée vers le bien-être animal et le travail avec ses chiens.
Six heures et quart du matin, dans la Meuse. Les journées d'Adeline Janin commencent tôt, entre les chiens, les repas à préparer et le réveil de sa fille. À 33 ans, elle élève des Cockers Anglais sous l'affixe La Rose Anglaise, à Loupmont. Un quotidien qu'elle mène depuis plus de quinze ans, depuis la naissance de sa première portée le jour même de ses 20 ans. Entre élevage, activités sportives et vie de famille, elle nous raconte son parcours et sa vision du métier.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Qui êtes-vous et où se situe votre élevage ?
Je m'appelle Adeline Janin, j'ai 33 ans, je suis maman d'une fille de 8 ans. J'ai commencé en 2011 sous l'affixe La Rose Anglaise. Mon élevage se situe à la Ferme de la Lieue, à Loupmont, en Meuse.
Comment êtes-vous entrée dans le monde du Cocker et de l'élevage canin ?
Tout est parti d'une attaque de chien quand j'avais 10 ans. Plutôt que d'en garder une peur, j'ai voulu devenir éleveuse. Avec mes mots de gamine de l'époque, je me disais que si on s'occupait correctement des chiens dès le départ, certains seraient sûrement moins mal compris.
Et cette idée ne m'a jamais quittée.
À 14 ans, j'ai fait mon premier stage. À 15 ans, j'ai signé mon premier contrat d'apprentissage pour un BEPA élevage canin. Chez mon dernier maître d'apprentissage, j'ai eu le coup de cœur pour le Cocker Anglais. Puis à 17 ans, j'ai acheté ma première chienne, Épine, qui a donné le nom de mon affixe.
Qu'est-ce qui vous a particulièrement séduite chez cette race ?
Ce que j'aime chez le Cocker, c'est son côté polyvalent. Autant un chien de canapé qu'un chien de chasse. Avec les années, j'ai tout testé avec cette race : la chasse au petit et au gros gibier, la recherche au sang, le cavage, le cani-cross, le cani-VTT, et même maintenant le paddle. À chaque fois ils suivent.
Comment décririez-vous votre vision de l'élevage et votre approche avec vos chiens ?
Chaque chien a sa personnalité et ses besoins. Je veux le meilleur pour chacun. Mon élevage est tourné vers le bien-être animal et l'écologie. Les chiens mangent du BARF. Pour les soins du quotidien, je privilégie autant que possible les plantes et l'homéopathie, en complément du suivi vétérinaire classique.
Pour la structure : nettoyage sans produits chimiques, tri sélectif, eau de pluie pour le nettoyage, compostage des déchets. On a aussi creusé une mare pour filtrer les effluents, et installé 300 m² de panneaux solaires pour viser l'autonomie.
Pour les ventes, les chiots partent à 10 semaines. Et c'est moi qui choisis les chiots pour les familles, selon leur caractère et les attentes de chacun. Je préfère prendre ce temps-là plutôt que de laisser un coup de cœur visuel décider à ma place.
À quoi ressemble une journée type dans votre élevage ?
La journée démarre à 6h15 pour préparer les gamelles de viande. À 7h, réveil de ma fille, puis distribution des repas et sortie des chiennes de la nursery. À 8h30, je l'emmène à l'école.
À 9h, mon employée arrive et on se partage les tâches de nettoyage. Vers 11h, je prends un moment pour travailler les chiens ou faire du cani-cross avec eux.
Trois après-midi par semaine, on travaille au salon de toilettage avec ma deuxième employée, de 14h à 18h. Les autres jours sont consacrés aux travaux et à l'entretien de l'élevage.
À 18h, je vais chercher ma fille à la garderie, puis je refais un tour de tous les chiens et des chiots. Les journées finissent souvent vers 19h.
Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez aujourd'hui dans le monde de l'élevage canin ?
Depuis 2011, je n'ai pas pris un seul jour de repos. Pas un. C'est ce qui est le plus difficile à expliquer quand on ne fait pas ce métier. Mais c'est un choix aussi : je ne me vois pas laisser mes chiens, même quarante-huit heures.
J'ai la chance d'avoir de bonnes employées qui m'aident au quotidien, ça compte beaucoup.
Ce qui évolue mal en 15 ans, ce sont les acheteurs. Ils veulent tout, tout de suite, et écoutent de moins en moins nos conseils. C'est probablement le sujet sur lequel je me sens le plus fatiguée.
« il y a les éleveurs qui vivent grâce à leurs chiens, et ceux qui donnent leur vie pour leurs chiens. »
Avez-vous un souvenir avec l'un de vos chiens qui vous a particulièrement marquée ?
La plus belle histoire, c'est ma première chienne, Épine. Elle a eu sa première portée le jour de mes 20 ans. Comme je débutais, je n'avais pas vu venir les premiers signes de mise bas. Le soir, j'avais du monde invité pour fêter mon anniversaire. Ça s'est fini en nuit de mise bas avec les amis autour. Je ne pouvais pas rêver mieux comme premier souvenir d'éleveuse.
Selon vous, quelles sont les idées reçues les plus fréquentes concernant les Cockers ou l'élevage ?
Les élevages sont souvent critiqués : on profiterait des animaux pour gagner de l'argent. Mais comme je dis toujours, « il y a les éleveurs qui vivent grâce à leurs chiens, et ceux qui donnent leur vie pour leurs chiens. »
Le Cocker, lui, est souvent perçu comme un chien têtu, voire agressif. Alors qu'au fond, c'est juste une boule d'amour à éduquer ❤️
Quels conseils donneriez-vous à une famille souhaitant adopter un Cocker ?
Déjà, aller au club canin. Sortir le chien un maximum pour l'habituer à différentes situations : les bars, les brocantes, le monde, le bruit…
Et surtout, faire un sport ou une activité avec lui. C'est comme ça qu'on construit une vraie complicité, pas juste une simple cohabitation.
Si vous aviez un seul message à transmettre au grand public concernant votre métier ou la race ?
Être éleveur, c'est plus qu'un métier. C'est donner sa vie, sa maison, son temps pour les chiens. Et pour produire du bonheur aux familles.
*Voir aussi : [le portrait de Nathalie, éleveuse de Biewer Terrier en Creuse](/blog/portraits/eleveur-biewer-terrier-creuse), ou la [série complète des portraits d'éleveurs](/blog/portraits).*
Les engagements de l'élevage
Ce que Adeline Janin s'engage à respecter
- Structure familiale tournée bien-être animal et démarche écologique (panneaux solaires, eau de pluie, compostage, mare de filtration)
- Alimentation BARF, soins naturels privilégiés en complément du suivi vétérinaire
- Polyvalence assumée : chasse, recherche au sang, cani-cross, cani-VTT, paddle
- Chiots à 10 semaines, choisis par l'éleveuse selon le caractère du chiot et les attentes de la famille
- Formation BEPA élevage canin et 15 ans d'expérience continue depuis 2011
Ce portrait fait partie de la série Portraits des pros du chien. Une série dédiée aux professionnels sérieux du monde canin, sans contrepartie ni publicité déguisée. Si la démarche de Adeline Janin vous parle, vous pouvez la contacter ci-dessous.
Contacter l'élevage
La Rose Anglaise
Si vous cherchez un Cocker Anglais et que la démarche de Adeline Janin vous parle, le contact se fait directement avec l'élevage.
Woofstudio publie ce portrait sans contrepartie. Le lien vers le site de l'élevage est éditorial et non commercial.
Vous êtes éleveur canin ?
Vous êtes éleveur canin en Meuse ou en Grand Est ?
Adeline et ses confrères éleveurs méritent un site à la hauteur de leur sérieux. J'interviens pour les éleveurs canins partout en France, de la Meuse à la Bourgogne-Franche-Comté.
Voir mon offre éleveur caninDamien, fondateur de Woofstudio
Continuer la série




